Anciennement nommée Loi Girardin, la Lodeom (Loi pour l'Ouverture et le Développement Économique de l'Outre-Mer) est une mesure d’allègement des charges patronales qui est accordée aux employeurs des outre-mer afin de soutenir l’emploi local. Un dispositif qui est en permanence sous la menace d’un coup de rabot des gouvernements. Ce qui provoque inévitablement des inquiétudes chez les entrepreneurs ultramarins. Fin mars, une délégation sénatoriale menée par Elisabeth Doisneau (sénatrice et rapporteur général du budget de la sécurité sociale) et Solange Nadine (sénatrice de Guadeloupe) est venue à Saint-Barthélemy pour prendre le pouls du monde économique. Notamment par le biais de rencontres organisées au sein de la Chambre économique multiprofessionnelle (Cem), à Saint-Jean. Guidée par Micheline Jacques, sénatrice de Saint-Barthélemy, la délégation s’est entretenue avec des socio-professionnels ainsi qu’avec des experts-comptables.
« Nous étudions le principe de la Lodeom sur l’ensemble des territoires ultramarins qui en bénéficient, explique Elisabeth Doisneau. Nous avons donc aussi eu des visios avec la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon (qui bénéficie de la Lopom). On a regardé comment se comporte l’économie locale. Baisser les exonérations de charge, ça veut dire que les salaires vont être plus coûteux pour les chefs d’entreprise. Or on sait qu’ici, ils sont confrontés au problème du logement. La Lodeom permet de compenser cette difficulté. Ce que l’on souhaite, c’est rassurer. Si on bouge la Lodeom, ça mettra les entreprises locales en difficulté. »
Solange Nadine complète : «Les îles cumulent les handicaps et c’est pour les compenser que nous avons besoin de ce dispositif Lodeom. Saint-Barthélemy a des spécificités mais aussi des besoins. L’avantage en nature pour le logement attribué aux salariés de Saint-Barth ne l’est pas forcément en Guadeloupe, par exemple. Nous devons donc faire remonter à travers ce rapport ces singularités et faire comprendre à nos gouvernements que nous avons besoin du dispositif de la Lodeom. »
Les échanges avec les professionnels de l’île ont permis de convaincre les sénatrices, s’il en était besoin, de l’importance d’un tel dispositif. Par des exemples concrets des contraintes locales : le prix des logements, le manque de main d’œuvre locale, la dépendance aux importations, un coût de la vie élevé, etc. « L’année qui vient ne sera pas une année de changement », a tenu à rassurer Elisabeth Doisneau. Le rapport de la mission sénatoriale sera remis fin mai.
